Un projet quotidien de performance de Nadia Vadori-Gauthier

LA 3000ÈME « D’UNE MINUTE DE DANSE PAR JOUR » – CHANGER LE MONDE PAR LA POÉSIE ET LA DANSE.3 avril 2023

Auteur : Fabienne Schouler

Support : Att-chipels.fr

La 3000ème « d’une minute de danse par jour » - changer le monde par la poésie et la danse.

Depuis le 14 janvier 2015, date de l’attentat à Charlie Hebdo, Nadia Vadori-Gauthier a créé le projet de « Une minute de danse par jour » pour agir par une présence sensible dans le monde, pour agir par une poésie en acte en se mettant en jeu et en mouvement, seule ou en relation à d’autres. Pour elle c’est un acte de résistance poétique initié le 14 janvier 2015.
Ainsi, elle a dansé chaque jour pendant une minute avec sa sensibilité souvent sans musique juste « avec la vibration du monde » pour ne pas céder à la peur et créer des connexions vivantes aux autres. Elle se mettait en scène dans des endroits différents chaque jour, avec une approche spécifique de l’instant, que ce soit sous la neige ou dans des endroits parfois insolites, parfois avec des inconnus, mais elle a été toujours au rendez-vous, chaque jour, sans exception.

Son approche est éminemment politique. Nadia Vadori- Gauthier s’engage dans la création de dispositifs qui œuvrent dans la perspective de changer le monde par l’Art et la poésie. Une minute de danse par jour, accompagne par l’art, par la danse, par le corps en résonance au monde, ces temps inédits de mutation profonde de notre civilisation. Pour elle, nous pouvons tous danser. La danse est « une transmutation des idées à travers le corps. Il y a la langue intellectuelle et la langue somatique ». En cela, elle cite la phrase de Spinoza qui dit : « on a que les idées de son corps ». Elle dit aussi : « danser la poésie c’est danser pour résister, c’est répondre à la violence du monde par la danse et la poésie ».

La 3000ème « d’une minute de danse par jour » - changer le monde par la poésie et la danse.

Cette performance est incroyable par la persistance dans le temps. Ainsi elle a porté cette pratique, cette discipline pendant huit ans. On peut légitimement se poser la question de sa fin ou de de sa transformation car c’est une charge horaire quotidienne et gratuite (environ 4 heures par jour), que ce projet implique mais Nadia Vadori-Gauthier choisit pour l’instant de poursuivre son engagement. Elle y a consacré sa vie et désormais même si elle passe le relais à d’autres chorégraphes, d’autres regards chorégraphiques qui le feront évoluer elle sera toujours là, garante de la pérennité du projet.
Au-delà de sa présence quotidienne sur les réseaux sociaux, Une minute de danse par jour a également donné lieu à plusieurs types d’actions artistiques sous forme de performances, de collaborations diverses, de projections-rencontres ou encore différents workshops. Voir La visite dansée du Musée d’Art Moderne « Il nous faudra beaucoup d’amour » que j’ai beaucoup aimé.

La 3000ème « d’une minute de danse par jour » - changer le monde par la poésie et la danse.

Le 1er avril c’était la 3000éme minute et la passation

Belle date d’anniversaire, Nadia Vadori- Gauthier a invité des personnalités du monde de la danse pour l’accompagner et danser ensemble cette 3000 eme. Son idée est de créer une communauté autour de son projet.  Ainsi, nous retrouvons autour d’une table ronde, Jeanne Clavel (chargée de Recherche au CNRS), Nadia Vadori-Gauthier bien sûr, et ses invité.e.s, Daniel Larrieu, Kaori Ito, Marion Lévy, Cécile Proust, Anne Dreyfus, Brigitte Seth et Roger Montllo Guberna. Chacune et chacune prendront en charge la minute de danse à tour de rôle et raconte son idée. Kaori Ito la prendra en charge pendant son séjour au Japon et travaillera peut-être avec des enfants, Daniel Larrieu lui sera devant le Lac Léman, Brigitte Seth pense également à le faire dans la nature, Cécile Proust à Château-Thierry. Que des projets qui nous donnent envie de suivre chaque jour ces performances.

Une minute de danse par jour est portée par Le Prix de l’essence.
Cette compagnie chorégraphique est une association à but non lucratif (loi 1901), créée par Nadia Vadori-Gauthier en 2008. Elle a pour objet la création et la diffusion d’œuvres chorégraphiques et audiovisuelles, ainsi que la formation et la publication.

La 3000ème « d’une minute de danse par jour » - changer le monde par la poésie et la danse.

Nadia Vadori-Gauthier est une artiste franco-canadienne, danseuse, chorégraphe, docteure en esthétique, sciences et technologies des arts et chercheuse associée à l’université Paris-VIII. Formée à la danse, aux arts de la scène et de l’image, spécialisée dans diverses pratiques du mouvement, elle œuvre conjointement sur ces deux plans de l’art et de la recherche créant des projets chorégraphiques et écrivant des articles scientifiques. Ses propositions artistiques se situent dans une perspective éthique qui place la relation aux autres et la résonance avec les environnements au coeur de ses processus de recherche-création.

La pratique de danse de Nadia Vadori-Gauthier inclut un travail avec la sensation, l’émotion et l’inconscient, ainsi qu’avec une dimension vibratoire-énergétique qui l’engage à investir des états de perception modifiés. Par la danse, elle entre en résonance avec différents lieux, leurs empreintes temporelles, énergétiques ou émotionnelles.

Ainsi, Nadia Vadori-Gauthier a élaboré la méthode du « corps  sismographe » qui est une méthode de composition instantanée qui propose de tracer, par le geste chorégraphique, les informations reçues, à la fois de l’environnement externe et de l’intériorité.

Et le mot de la fin sera celui d’un proverbe chinois qui sous-tend ce projet et qui nous donne espoir : « Goutte à goutte l’eau finit par traverser la pierre », ainsi Nadia Vadori-Gauthier tel le colibri œuvre pour la transformation du monde et nous ne pouvons que lui tirer notre chapeau. A suivre donc.

Une Minute de danse par jour a reçu le soutien de